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Projet du livre

« Société du savoir et citoyenneté »

Tahar Ben Guiza

Tunisie

L’un des paradoxes les plus expressifs de l’époque que nous vivons est celle de la propagation simultanée du savoir et de l’ignorance, de la communication et de l’isolement, de la culture et de l’inculture. Pourtant, la question de la nécessité, pour les différents pays en voie de développement, mais en particulier pour les pays arabes, de procéder au renouvellement de leur culture, est aujourd’hui pressente et s’impose comme un tournant de « la raison dans l’histoire » (Hegel) que certains appellent « le printemps arabe ». Le passage de la société traditionnelle dominée par le collectif à une société du savoir qui valorise le connectif n’est possible que par l’intermédiaire d’une société de l’information. En effet, la société du savoir inclut les dimensions sociales, culturelles, économiques, institutionnelles, éthiques et politiques au sein d’une culture de réseau (c’est-à-dire du partage du savoir) caractérisée par une grande capacité de transformation, d’adaptation, d’innovation et de changement de modèle, de conception et de gestion. Toutefois, cette transformation n’est possible que sous réserve d’une révision en profondeur du système éducatif afin de l’adapter aux nouvelles technologies de l’information. D’où l’attention particulière que l’on doit porter au « peuple des netoyens » qui développent un nouveau pouvoir différent de celui des masses média et qui est celui des médias des masses. Mais cette transformation des différentes sociétés arabes vers une société du savoir nécessite une autre transformation qui est celle de la société d’information. Or, une double fracture cognitive et technologique de plus en plus profonde sépare les sociétés européennes des sociétés arabes.

L’hypothèse essentielle de ce travail consiste à montrer que la réussite du passage d’une société traditionnelle, fermée et tribale à une société du savoir et de l’information est conditionnée par une éducation à la citoyenneté qui fait de la liberté individuelle et collective une valeur absolu au sein d’une société démocratique où l’intelligence et la connaissance sont la véritable richesse d’une économie de l’immatériel, de la critique et de la créativité. Les pratiques culturelles et artistiques sont le chemin royal vers cette éducation citoyenne participative et non simplement juridique.

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